Une connection à Parakou
Céline Cailliau
Nov 112008
Une connection à Parakou
Vendredi 31 octobre Pendant que la bactériologie continue d’évoluer au laboratoire : les premiers ensemencements et antibiogrammes sont en cours, même si le manque de demande d’analyse nous limite un peu. Marie-Christine présente pour la quatrième fois une formation sur l’hygiène des mains et attire toujours autant de monde. Même si la ponctualité n’est pas un concept familier au Bénin et en Afrique en général. Ce sont les Béninois qui le disent !! Le soir, Bachirou, le cuisinier, nous invite à déguster la pâte noire dans un maquis traditionnel du centre de Djougou. Pour tout couverts, nos doigts et pour lumière, nos lampes frontales. Typique mais très bon !! Samedi 1er novembre Grâce à Valérie, infirmière en pédiatrie et originaire de cette région. Nous allons visiter Koukoumbé un des villages des Tatas Sombas. Complètement retirés ces villages se trouvent au-delà de l’Atacora, chaîne montagneuse au Nord-Est du Bénin vers le Togo. La particularité de ces villages ce sont leurs Tatas ou maisons, construites en terre sur 2 étages, elles sont constituées de 2 à 3 pièces au rez-de-chaussée dont la cuisine mais aussi et surtout d’une terrasse avec 4 à 5 tourelles qui sont les greniers (pour entreposer les récoltes) et les chambres. La région est très riche en Baobabs, c’est d’ailleurs à l’ombre de ces immenses arbres que sont construites les tatas. Les habitants extrêmement démunis vivent uniquement de leurs cultures : arachides, piments, mil… Un seul des enfants peut aller à l’école par manque de moyens et pour y arriver il doit marcher 7km. Malgré ces conditions très difficiles ils sont très souriants, accueillants et généreux. Dimanche 2 novembre Petite promenade dans le marché local. A notre passage les enfants crient « Batouré, Batouré » et sont parfois surpris quand on se retourne sur eux pour les saluer. C’est qu’après 2 jours on connaît la signification de ce mot tellement on nous interpèle dans la rue (Batouré ou Yovo= Blanc) Les femmes accompagnées des enfants vendent les produits de leurs récoltes, des pagnes colorés ou encore de grands bassins pour transporter l’eau, sur la tête bien entendu. Le cybercafé est ouvert et je peux enfin obtenir une connection pas trop lente. Par contre je suis toujours dans l’incapacité de télécharger des photos. Ce sera pour notre retour. Lundi 3 novembre Thérèse remarque plusieurs petites crottes sur la table de bactériologie qui semblent provenir d’une visiteuse nocturne. Le cytomètre de flux, permettant la mesure de CD4 pour le suivi des patients HIV, ayant déjà fait les frais d’une souris un peu trop gourmande, il est temps d’intervenir. Mardi 4 novembre Thérèse et Médard font le tour des services et surtout des médecins pour les inciter à recueillir des prélèvements pour la bactériologie. Au final, ils récolteront 2 frottis vaginaux, un pu de plaie et un pu de plaie chronique. Et oui la bactériologie c’est fraîcheur, fraîcheur !! Médard peut ainsi se familiariser avec l’ensemencement, les antibiogrammes et la détection de levures. Petit message personnel : La connection téléphonique étant très difficile, je voudrais profiter de ce blog pour souhaiter un très bon anniversaire à mon filleul, Jérôme. Je t’appelle à mon retour. Bises (Coralie peux-tu lui faire suivre l’adresse du blog, merci) Mercredi 5 novembre En arrivant ce matin, Thérèse a élucider le mystère des crottes de souris. Visiblement celles-ci sont projetées par le ventilateur de la climatisation d’air quand on la met en route. Imaginez toutes les bactéries qui sont projetées en même temps !! Un entretien du ventilateur est réclamé d’urgence !! Médard est sur les genoux, après une nuit de garde et 11 transfusions sanguines il a du mal à suivre les explications de Thérèse. Marie-Christine de son côté présente une formation sur les soins de plaies à un groupe d’infirmiers plutôt motivés et curieux d’apprendre. Pour certains infirmiers il est plus que nécessaire de rappeler les règles de base pour le soin des plaies chirurgicales. Jeudi 6 novembre Avant dernier jour au laboratoire, le docteur Oscar, superviseur du labo plus en théorie qu’en pratique, est chargé de compléter une évaluation sur notre mission. N’étant pas présent au laboratoire pendant ces 2 semaines, il demande au personnel du laboratoire d’être présent au complet. Après 3 longues heures de discutions nous nous en sortons plutôt bien. En général, ils sont très satisfait de la mission et voudraient que nous puissions rester encore plus longtemps. Malheureusement les vacances ne sont pas extensibles !! Vendredi 7 novembre Dernier jour, c’est à notre tour de faire notre évaluation. Mais c’est assez difficile ! Les Béninois, c’est comme les chèvres ; il est impossible de les rassembler au même endroit plus de 10 minutes. Quand ce n’est pas un téléphone portable qui sonne (Maladie la plus dévastatrice au Bénin= la téléphonite aigue), c’est un cuisinier qui vient apporter à manger ou un copain qui passe par là. Bref notre évaluation, sous forme d’audit, relève des améliorations mais toujours certains manques. J’ai une pensée pour ma collègue Andréa, ici pas de procédure ni de contrôles de qualité !! Marie-Christine se fait inviter par le médecin chef et finalement se retrouve entourée de 4 hommes toute la soirée. Après l’apéritif, la petite bande rejoint l’ex ministre de la culture qui leur offrira leur repas. De notre côté, Thérèse et moi sommes invitées par le laboratoire : 2 femmes pour 7 hommes !!



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